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Histoire et culture


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Histoire et culture

 


 

1907 - Effondrement du pont de Québec
Trente-trois ouvriers mohawks ont péri dans la catastrophe

En août 2007, une importante délégation mohawk de Kahnawake s’est rendue sur la rive Sud près de Québec afin de commémorer le centième anniversaire de la mort de 33 membres de leur communauté lors de l’effondrement du Pont de Québec. C’est le 29 août 1907 que le Pont de Québec, alors en construction, s’est effondré. Soixante-seize ouvriers ont perdu la vie dans la catastrophe. Parmi eux, trente-trois étaient des Mohawks de Caughnawaga (aujourd’hui Kahnawake). Réputés pour la construction des structures d’acier en hauteur, les Mohawks ont participé à la plupart des grands chantiers en Amérique du Nord : le Pont Victoria à Montréal, le Pont de Québec, l’Empire State Building, le désormais célèbre World Trade Centre de New York et bien d’autres. Voilà une contribution qui mérite d’être mieux connue.



Un Innu à l’origine du développement minier sur le plateau du Labrador

En 1937, Mathieu André, trappeur et chasseur de métier, rapportait au géologue J.A. Retty, des échantillons de minerai à haute teneur, recueillis lors de ses expéditions de chasse. Une intense activité de prospection allait suivre. En 1950, la compagnie Iron Ore entreprend la construction de la ville minière de Schefferville. La même année, l’IOC amorce la construction d’un chemin de fer de 600 kilomètres pour acheminer le minerai entre Schefferville et le port de Sept-Îles. Là aussi, plusieurs Amérindiens sont mis à contribution, « pour les premiers travaux d’arpentage et de défrichage dans cette région qu’ils connaissent à perfection »(Radio-Québec, 1984 : 39-40).




Enfin, une reconnaissance internationale des droits des peuples autochtones

Selon l’UNESCO, les populations autochtones à travers le monde comptent quelque 350 millions de personnes réparties dans plus de 70 pays.

Elles représentent plus de 5 000 langues et cultures. Malgré leur nombre et la richesse de leur diversité, ces peuples se sont vu dénier leurs droits humains les plus fondamentaux. Ils étaient « les grands oubliés du droit international ».

Trente années d’efforts soutenus en vue d’une reconnaissance internationale, voilà qui méritait un dénouement heureux. Cela s’est produit le 13 septembre 2007. L’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies adoptait la Déclaration sur les droits des peuples autochtones. Les enjeux étaient importants puisque cette Déclaration reconnait enfin que les Autochtones constituent non pas des minorités raciales, ethniques, religieuses ou linguistiques, mais bien des peuples libres et égaux à tous les autres peuples et qui « ont le droit de disposer d’eux-mêmes ». L’avocat d’origine crie, Roméo Saganash, précisait qu’il n’est pas nécessaire d’être un expert en droit international pour déterminer ce qu’est le droit d’un peuple à l’autodétermination.

 

« C’est fondamentalement le droit d’exister, de s’épanouir comme peuple et d’être respecté comme tel par les autres peuples. C’est l’équivalent, au plan collectif, du droit à l’égalité, à la dignité et à la liberté pour une personne humaine. Vu dans cette perspective, le droit à l’autodétermination est un droit inaliénable, indivisible et universel » (Saganash, 1993 : 87).

 

Ce n’est pas d’aujourd’hui pourtant que les peuples autochtones des Amériques ont cherché à utiliser des recours internationaux afin d’obtenir justice. Régulièrement, à partir du XVIIIe siècle, des délégations et différents ambassadeurs autochtones se sont rendus à Londres. Ce fut le cas en 1825, du Grand Chef huron Nicolas Vincent et trois autres Chefs de la Jeune-Lorette. Ils rencontrèrent le roi Georges IV dans l’espoir d’obtenir gain de cause dans un litige relatif aux terres de la Seigneurie de Sillery. Malheureusement, la responsabilité de régler ce litige fut renvoyée aux autorités locales.

La création de la Société des Nations en 1919 semblait offrir une voie prometteuse. Le Chef iroquois Deskaheh a tenté sans succès d’y faire entendre la cause de sa petite nation. En 1945, la création de l’Organisation des Nations Unies allait susciter de nouveaux espoirs. La Charte constituante de l’ONU affirme clairement le droit à l’égalité et à la liberté de tous les peuples et de toutes les nations grandes et petites, ainsi que la ferme détermination de mettre fin au colonialisme sous toutes ses formes. Les Nations Unies ont régulièrement reçu des plaintes d’individus ou de groupes autochtones alléguant des violations de leurs droits fondamentaux. Jusqu’aux années 1970 cependant, la porte leur a été systématiquement fermée. C’est ainsi que le sort de nombreux peuples autochtones, ces « Nations à l’intérieur des États-Nations », allait échapper à tout contrôle international et relever du domaine sacré des affaires internes des États. Voilà ce que la Déclaration de l’ONU vient corriger.

 



La curieuse disparition des Autochtones du paysage historique

Pourquoi en savons-nous si peu au sujet des peuples autochtones ? Et comment a pu s’installer au Québec, en particulier au cours des quinze dernières années, une vision déformée et le plus souvent méprisante de nos voisins immédiats ?

Une partie de la réponse se trouve dans les programmes et les manuels d’histoire en vigueur jusqu’à maintenant et particulièrement dans ce que ces programmes et manuels ne nous ont pas appris. Une autre partie de la réponse se trouve dans la période tumultueuse qui a suivi la crise de l’été 1990 à Oka et Kanehsatake, une crise qui a marqué le Québec tout entier.


Il suffit de parcourir les premières pages de l’ancien manuel d’Histoire du Canada publié par les pères Farley et Lamarche à partir des années 1930, pour comprendre comment une image méprisante des autochtones a pu être transmise à plusieurs générations d’élèves du Québec. Dans leur « portrait du sauvage », les auteurs le décrivent physiquement comme présentant dans l’ensemble une belle apparence. Mais c’est « au moral » que le bât blesse puisque « le sauvage possédait certaines qualités peu profondes » au dire des auteurs et que « ces qualités ne pouvaient faire oublier les défauts les plus graves : « orgueil sans borne », se croyant « nettement supérieur aux blancs », « sensuel », « se livrait facilement à la débauche… » Ce portrait peu reluisant se terminait abruptement : « Enfin, il (le sauvage) était sans force morale, sans caractère… ».


Au cours des années 1960, ce mépris ouvert à l’égard des premiers peuples a été pour ainsi dire éliminé des manuels scolaires. La génération de manuels qui a suivi a cependant été caractérisée par un curieux phénomène : la disparition des Autochtones du paysage historique. À partir de la Conquête britannique, les Amérindiens disparaissent du décor (Arcand et Vincent, 1979). Tout au plus trouvons-nous une référence aux autochtones avec l’épisode de Louis Riel à la période de la Confédération canadienne. Après, c’est le grand vide, jusqu’à la Crise d’Oka de l’été 1990. 


Sans aucun repère historique, comment en arriver à comprendre la réalité contemporaine des peuples autochtones. Malheureusement, bien des Québécois ont découvert l’existence des Premières Nations lors des événements dramatiques survenus à Oka au cours de l’été 1990. En fait, les préjugés ont vite comblé le vide de connaissance. Pourtant, l’histoire des peuples autochtones est tout à fait riche et passionnante. Et leur contribution à l’édification de la société québécoise est beaucoup plus importante qu’on ne saurait l’imaginer.




Une hospitalité légendaire et millénaire

Le 3 juillet 1608, Samuel de Champlain et son équipage débarquent sur une pointe rétrécie du fleuve Saint-Laurent. Les Amérindiens nommaient cet endroit « Québec ».

L’endroit était loin d’être désert. « L’équipage français d’une trentaine d’hommes s’établissait alors au milieu d’une communauté estivale amérindienne d’environ 1 500 habitants, principalement Innus (ou Montagnais) dont c’était le territoire, Algonquins également, de même que Micmacs et Malécites » (Delage, 2007). À l’arrivée de Champlain, Québec a déjà une longue histoire. Lors de son second voyage en 1535, Jacques Cartier fi t escale à l’embouchure de la Rivière Saint-Charles. Sur les hauteurs du Cap Diamant, il y découvrira un établissement sédentaire, le village de Stadaconé (Québec). Poursuivant plus tard sa route en amont du Saint-Laurent, Cartier dénombrera 14 villages amérindiens sur la rive nord du fleuve dont le plus populeux, Hochelaga (Montréal), composé de cinquante maisons longues. Les rives du fleuve sont occupées par les Iroquoiens du Saint-Laurent. Lorsque Champlain arrive à Québec en 1608, ces villages ont complètement disparus. Est-ce les guerres, les épidémies ou les changements climatiques susceptibles de compromettre la culture du maïs qui pourraient expliquer cette disparition ? Nul ne le sait avec certitude. Québec, qui conserve sa position stratégique pour l’accès à l’intérieur du continent, est plutôt devenu un lieu de rassemblement saisonnier avant le départ pour la chasse hivernale. C’est donc à Québec que Champlain et ses hommes érigèrent la première habitation, un premier établissement français en Amérique du Nord.

Nous avions toutes les raisons en 2008 d’exprimer notre fierté commune et de célébrer ensemble la naissance de cet établissement français en Amérique du Nord. Pour l’occasion, la Nation huronne-wendate établie à proximité de la ville de Québec, a été la nation hôte des festivités de ce 400e anniversaire. Cela a contrasté grandement avec le rôle joué par les délégations amérindiennes lors des fêtes du Tricentenaire de Québec. En 1908, la participation amérindienne fut limitée à une simple fi guration lors de grands spectacles historiques, où ils jouaient leur propre rôle, selon la perception de l’époque.

Les temps ont bien changé ! Encore de nos jours, les Premières Nations acceptent volontiers de participer à la commémoration de grands événements historiques. Plus question cependant d’être de simples figurants. Signe des temps, ces événements spéciaux sont vus comme une opportunité pour faire connaître l’autre volet de l’histoire, celui des Premières Nations, partie essentielle à la compréhension de notre histoire commune.

 



Conclure des traités ou la recherche de la bonne entente

Conclure des traités ! Voilà une façon très ancienne, mais aussi très moderne d’établir des relations pacifiques entre peuples et nations.

 

Dès les premiers contacts entre Européens et Amérindiens, la nécessité de conclure des alliances et des traités s’est imposée.  Toutefois, ces ententes ne touchaient pas les titres fonciers. Lorsque Champlain scelle une toute première alliance avec les Montagnais à Tadoussac en 1603, il obtient l’autorisation de s’établir sur les terres autochtones en échange d’un appui militaire. À aucun moment, les autochtones ne cèdent leurs droits sur ces terres. Sous le Régime anglais cependant, la Proclamation royale de 1763 va marquer un point tournant dans la nature des accords conclus. Celle-ci va d’abord confirmer que les autochtones ont un droit incontestable sur les terres. Une reconnaissance noir sur blanc ! Une procédure de consentement par traité y est également prévue :
« Cependant, si quelques-uns des sauvages, un jour ou l’autre, devenaient enclins à se départir desdites terres, elles ne pourront être achetées que pour nous, en notre nom, à une réunion publique ou à une assemblée des sauvages qui devra être convoquée à cette fin par le gouvernement ou le commandant en chef de la colonie dans laquelle elles se trouvent situées » (Extrait de la Proclamation royale de 1763).
Désormais, les traités deviendront le procédé utilisé par la Couronne pour éteindre les titres fonciers des premiers habitants. Après « les traités de paix et d’amitié », une nouvelle génération de traités prendra forme, les « traités territoriaux ».

La première région touchée entre 1780 et 1850 est le Sud de l’Ontario. Viennent ensuite deux importants traités conclus avec les Indiens ojibwas du Lac Supérieur et ceux du Lac Huron. Enfin, en 1867, les pères de la Confédération signent l’Acte de l’Amérique du Nord britannique. Le grand rêve canadien se construit autour de la colonisation de terres à l’ouest des Grands Lacs. Ces terres, occupées par diverses nations amérindiennes et par les Métis, feront l’objet de traités, les onze Traités numérotés de la Confédération.

En visualisant la carte des traités territoriaux ratifiés à la fin du 19e et au début du 20e siècle, nous constatons que rien de tel n’a été conclu sur le territoire du Québec. Il en va de même sauf exception en Colombie-Britannique, dans la majeure partie des territoires du Nord et dans les provinces maritimes. Au Québec, c’est en 1975 qu’un premier traité territorial a été conclu dans le cadre des travaux entourant le développement hydroélectrique de la région de la Baie James. La Convention de la Baie-James et du Nord québécois a été signée avec la nation crie et les Inuits du Nord. C’est le premier traité de l’ère moderne. En 1978, la nation naskapie de la région de Schefferville a signé une entente similaire appelée Convention du Nord-Est québécois. Au Québec, aucun autre traité n’a été conclu depuis. Cependant, des négociations se poursuivent avec la nation innue en vue d’un futur traité. Au centre des discussions, autonomie, développement économique, accès aux ressources du territoire, partage et coopération et établissement de règles de bon voisinage.

 

La vraie nature de la Loi sur les Indiens

Au point de départ, le statut d’Indien était vu comme un statut temporaire dont l’objectif ultime était l’intégration et l’assimilation complète à la société canadienne.

 Les populations autochtones étaient en déclin au milieu du siècle dernier. On prévoyait leur disparition, notamment face aux pressions de la colonisation et du développement. La Loi sur les Indiens devait faciliter cette transition vers l’assimilation. Jusqu’à tout récemment, la notion d’émancipation était au cœur de la Loi sur les Indiens. La demande d’émancipation était la voie privilégiée pour ne plus être légalement un Indien et acquérir tous les attributs de la citoyenneté. Jusqu’en 1985, deux options s’offraient aux membres des Premières Nations : être indien et mineur en vertu de la loi canadienne ou demander l’émancipation, ce qui signifiait l’assimilation. Pour bénéficier de tous les attributs de la nationalité canadienne, un amérindien devait renoncer à sa propre identité nationale. Malheureusement, la plupart des citoyens non autochtones ont été maintenus complètement ignorants de ces dispositions rétrogrades de la Loi sur les Indiens, se contentant plutôt de voir dans cette loi un statut spécial conférant de multiples privilèges aux Amérindiens.


Les premières lois relatives à ces populations accordaient un très grand pouvoir au gouvernement de contrôler les Indiens vivant dans les réserves. Sous l’emprise de cette tutelle fédérale, les communautés amérindiennes perdent d’abord la capacité politique de définir qui sont leurs membres. Le fédéral décide pour eux en fi xant les règles, défi nissant qui est Indien et qui ne l’est pas. C’est alors que les catégories « Indiens avec statut » (ou Indiens inscrits) et « Indiens sans statut » (ou non inscrits) prennent toute leur importance.


Puisque la Loi avait pour objectif ultime l’affranchissement, c’est-à-dire la perte du statut par émancipation, à compter de 1880, tout Indien qui obtenait un diplôme universitaire était automatiquement affranchi. Il n’était donc plus un Indien, ni lui, ni sa famille, ni ses descendants. Un amendement de 1933 ira encore plus loin en accordant au gouverneur en conseil, le pouvoir d’émanciper un Indien sans son consentement, sur simple recommandation du surintendant général des Affaires indiennes. Ces dispositions sont demeurées dans la loi jusqu’en 1951. La volonté d’assimilation était loin d’être un objectif caché. 


Très tôt, une discrimination basée sur le sexe est apparue. Toute femme indienne mariant un non Indien perdait automatiquement son statut et devait quitter la communauté. Cette exclusion s’appliquait à elle et à ses descendants. Pourtant, cette exclusion ne s’appliquait aucunement aux hommes indiens mariant des non Indiennes. Ces dernières devenaient d’ailleurs légalement des Indiennes. C’est en 1985 seulement, suite aux luttes acharnées des associations de femmes autochtones et suite à une décision du Comité des droits de l’homme des Nations Unies, que le Canada a dû mettre fin à cette discrimination basée sur le sexe.

 



La Nouvelle-France, un vaste réseau d’alliances en Amérique du Nord

Pour comprendre la nature des relations entretenues entre les nations européennes et les peuples autochtones à partir des tout premiers contacts, il faut savoir que guerre et commerce sont intimement liés.

Les puissances européennes qui veulent étendre leur hégémonie sur le territoire ont besoin des Amérindiens pour faire la guerre. Elles ont aussi besoin des Amérindiens pour le commerce des fourrures. Dans ce contexte, la logique des alliances s’impose. Avant de s’établir à Québec, Champlain a d’abord scellé en 1603 une toute première alliance à un lieu désigné sous le nom de Pointe St-Mathieu, situé du côté ouest de l’embouchure de la rivière Saguenay. Il y fi t alors la rencontre du chef montagnais Anadabidjou. En échange de l’appui militaire des français, les Montagnais (les Innus, tels qu’ils se désignent eux-mêmes dans leur langue) auraient autorisé les Français à s’établir et à développer le commerce des fourrures. Arrivés quelques jours plus tard, des Micmacs et des Malécites se sont joints à l’alliance. Une telle alliance ne fut pas un événement isolé. S’il est vrai que les autorités françaises ont agi au début, avec l’objectif d’imposer aux autochtones leur autorité et de les assimiler, elles ont vite découvert que ce n’est pas en dominant et en soumettant ces collectivités que le commerce et la traite des fourrures pouvaient être assurés. Il n’y avait qu’une façon de faire. Plutôt que par la conquête et par la force, c’est en favorisant des alliances commerciales et militaires, en concluant de nombreux traités de paix et d’amitié, que les relations entre les deux peuples se sont solidifiées. Et c’est tant mieux ! Voilà un volet de notre histoire que nous pouvons évoquer maintenant avec fierté. Cette alliance entre Français et nations autochtones constituait « un facteur décisif dans la capacité de maintien d’une entreprise coloniale française en Amérique malgré un désavantage numérique énorme vis-à-vis la colonisation britannique. » (Delâge, 1991). Voilà une lecture bien différente de l’histoire nationale.



Gabriel Commanda

  L’Algonquin Gabriel Commanda ! Assurément inconnu pour la plupart d’entre nous ! Pourtant, à Val d’Or, il y a toutes les chances que les élèves du primaire et du secondaire aient entendu son nom. C’est qu’ils ont participé au cours des dernières années, à la Marche annuelle Gabriel Commanda, une initiative du Centre d’amitié autochtone de Val d’or. Chaque année, des groupes d’élèves envahissent les rues de la ville pour souligner la Journée internationale de lutte contre la discrimination raciale. C’est que Gabriel Commanda est un modèle de bon voisinage et de collaboration mutuelle. Jean Ferguson, qui a publié une biographie romancée du personnage (Éditions du Septentrion 2003), le présente dans ces termes : « Force est de prétendre que, sans cet Algonquin, il n’y aurait jamais eu de mines comme La Lamaque ou d’autres qui ont fait et font encore vivre la Vallée de l’or. On lui doit notamment le jalonnement de la première mine de cuivre et la découverte de la première pépite d’or, dans les années 1920. D’ailleurs, son nom est régulièrement mentionné au hasard des découvertes. » Ferguson raconte que « Commanda avait une manière bien personnelle de chercher et de découvrir des veines minérales » : « un jeune algonquin qui l’accompagna souvent, a raconté que Commanda partait seul en canot et que, rendu au lieu d’exploration, il commençait par une incantation. Ensuite, à l’aide d’un bâton en forme de fourche ansée qu’il avait découpé dans un panache d’orignal, il marchait sur le terrain et là où il le plantait, on pouvait être sûr de trouver une veine minérale importante ». Pionnier, Gabriel Commanda est un personnage légendaire de l’histoire de l’Abitibi-Témiscamingue.







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